Référencement

Le GEO aura-t-il sa pénalité Pingouin ?

Un pingouin au bord de la banquise regarde une constellation de points lumineux, dont une partie se défait en poussière

Au printemps 2012, beaucoup de sites ont perdu leur place dans Google en quelques jours, alors qu'ils n'avaient rien fait de plus que ce que tout le secteur conseillait depuis des années. Google venait simplement de décider que ces méthodes ne compteraient plus. Le GEO en est aujourd'hui à peu près là où en était le référencement juste avant ce coup de frein. C'est une bonne raison de s'y mettre maintenant, à condition de le faire d'une manière qu'on ne regrettera pas dans trois ans.

Pingouin a déclassé les sites aux liens fabriqués

Pendant une dizaine d'années, Google a classé les sites en s'appuyant largement sur les liens, c'est-à-dire sur les autres sites qui renvoient vers le vôtre. Il les lisait comme autant de recommandations, si bien que plus vous en aviez, plus vous montiez dans les résultats.

Le système a été exploité très vite. On inscrivait les sites dans des centaines d'annuaires que personne ne consultait, on montait des réseaux de blogs écrits dans le seul but de placer des liens, et on répétait partout le même texte cliquable, « plombier Valence » par exemple, pour que Google comprenne quelle recherche on visait. Tout cela fonctionnait très bien, et presque tout le monde le faisait, agences comprises.

Pingouin, Penguin en anglais, est sorti le 24 avril 2012. Google l'a présenté comme une mesure contre le spam qui toucherait environ 3 % des recherches en anglais, et les sites dont les liens avaient l'air fabriqués ont reculé, parfois de plusieurs pages de résultats d'un seul coup.

Google protégeait la confiance dans ses résultats

Google vit de la confiance qu'on accorde à ses premiers résultats. Si ces places reviennent à ceux qui accumulent le plus de liens de mauvaise qualité, les gens finissent par aller chercher ailleurs. Pingouin lui a permis de reprendre la main sur un signal que le marché avait appris à produire en série.

Il ne visait d'ailleurs pas les liens en eux-mêmes, qui comptent toujours en 2026, et on en achète pour nos clients parce que ça fonctionne. Il visait ce qui se repérait facilement, comme le même texte cliquable répété des centaines de fois, des sites créés uniquement pour faire des liens ou des volumes sans aucun rapport avec la taille de l'entreprise.

En sortir a pris des années à certains sites

Un site touché ne remontait pas simplement parce qu'il avait nettoyé ses liens, il devait attendre que Google relance son filtre. Or entre la version d'octobre 2014 et la suivante, sortie en septembre 2016, il s'est écoulé presque deux ans, pendant lesquels des entreprises sont restées invisibles alors que leur ménage était fait depuis longtemps.

Depuis 2016, Pingouin tourne en continu et il est plus fin, puisque Google explique qu'il écarte les liens douteux au lieu de pénaliser le site entier. Le risque a donc changé de forme. On perd rarement tout d'un coup, mais on peut payer très longtemps pour des liens qui ne comptent pour rien.

Le GEO ressemble au référencement de 2010

Le GEO, c'est le travail qui fait qu'une entreprise est citée quand quelqu'un pose une question à ChatGPT, à Perplexity ou à l'assistant qui s'affiche désormais en haut de Google. Au lieu d'une liste de dix liens, la personne lit une réponse rédigée qui nomme deux ou trois entreprises, et c'est dans cette réponse qu'il faut apparaître.

Ces assistants sont jeunes, leurs règles changent vite et personne ne les connaît en entier. Ce qui fait citer une entreprise se découvre en testant, exactement comme on découvrait le référencement au milieu des années 2000.

Les raccourcis circulent déjà : des dizaines d'articles publiés en quelques jours pour occuper un sujet, des classements « les meilleurs » dont le vainqueur est connu avant les critères, du texte masqué aux visiteurs et écrit pour les robots, des avis et des mentions inventés. Certains donnent des résultats aujourd'hui, et c'est justement ce qui les rend dangereux, parce qu'une méthode qui marche et coûte peu finit toujours par se répandre au point de devenir visible.

Un Pingouin du GEO pourrait arriver sans prévenir

Personne ne l'a annoncé, et rien ne dit qu'il prendra la forme d'une mise à jour unique, avec une date et un nom. On peut pourtant imaginer ce qu'il ferait, parce que les éditeurs d'assistants ont exactement le même intérêt que Google en 2012. Un assistant qui recommande une entreprise sur la foi de faux avis perd la confiance de ceux qui l'utilisent, et ses concurrents ne manqueront pas de le faire savoir.

Le scénario le plus simple ressemble d'ailleurs beaucoup à Pingouin. Les assistants apprennent à reconnaître les signaux fabriqués en série, cessent d'en tenir compte, et les entreprises qui ne reposaient que sur eux sortent des réponses sans message ni explication. Nos clients ne reçoivent aucune alerte quand ChatGPT change sa façon de choisir ses sources, ils ne l'apprennent qu'en le constatant.

Chez Google, une partie de ce filtre existe déjà. Pour être citée dans les Aperçus IA, une page doit d'abord respecter les règles de la recherche classique, y compris celles contre le spam, si bien qu'une page écartée des résultats n'a aucune chance d'apparaître dans la réponse de son assistant.

Les assistants ont en plus une mémoire que Google n'avait pas. Ce qu'un modèle a retenu de votre entreprise peut y rester des mois, parfois d'une version à la suivante, ce qui fait d'une réputation solide un avantage durable. Une réputation fabriquée, découverte plus tard, risque à l'inverse de coller à votre nom bien après que vous avez tout corrigé.

Les signaux qui resteront des actifs

Tout ce qui est vrai et difficile à copier a de bonnes chances de traverser les changements de règles, pour une raison simple : un concurrent ne peut pas fabriquer en un week-end les clients satisfaits que vous avez mis dix ans à gagner.

Les raccourcis qui deviendront des dettes

On appelle dette, ici, une action qui vous rapporte un peu aujourd'hui et qu'il faudra peut-être payer plus tard, en visibilité perdue ou en temps passé à nettoyer.

Aucune de ces méthodes n'est forcément sanctionnée aujourd'hui. Elles partagent pourtant les défauts des réseaux de liens de 2010, puisqu'elles coûtent peu, se répètent à l'identique d'un site à l'autre et se repèrent facilement, par une machine comme par un humain.

Vous ne savez pas ce qui a été fait en votre nom ?

On regarde avec vous les pages publiées, les sites qui vous citent et les méthodes employées, puis on vous dit ce qui construit votre visibilité et ce qui la met en risque. Le premier échange ne se facture pas.

Faire le point

Attendre laisse la place aux autres

Rester à l'écart en attendant que les règles se stabilisent serait l'erreur inverse. Sur beaucoup de sujets locaux, aucune entreprise n'est encore citée de façon régulière, et un plombier de Crest ou un gîte du Diois qui travaille sa présence dès aujourd'hui a toutes les chances d'occuper la place avant ses concurrents.

Les sites qui ont traversé Pingouin sans dommage travaillaient déjà leur référencement en 2010, simplement avec des méthodes plus lentes et plus chères, et ce sont eux qui ont récupéré les places laissées vides en 2012.

Notre règle pour chaque action GEO

Avant chaque action, on se pose la même question : est-ce qu'elle tiendrait si, demain, l'assistant savait tout vérifier ? Quand la réponse est non, on ne la fait pas, même si elle marcherait quelques mois.

Dans la pratique, on commence par vérifier si vous êtes cité, en posant régulièrement à ChatGPT, à Perplexity et à Google les questions que vos clients leur posent. On travaille ensuite votre présence sur des sites qui ont de vrais lecteurs, en vous donnant la liste de ces sites, puis on reprend vos pages pour qu'elles donnent des faits précis et à jour. Tout cela fait partie de notre accompagnement GEO, à partir de 300 € HT par mois et sans engagement, et la question du montant à y consacrer est traitée dans notre article sur le budget GEO d'une PME.

Si un prestataire vous promet d'être cité par ChatGPT en quelques semaines, demandez-lui comment il compte s'y prendre. S'il vous répond par un nombre de pages ou de mentions sans vous montrer les sites concernés, il y a de bonnes chances qu'il applique aux IA des méthodes de 2010. Notre article sur ce que Google surveille dans les contenus écrits par IA détaille les pratiques qu'il repère déjà.

L'essentiel à retenir

Questions fréquentes

Qu'est-ce que Google Pingouin ?

C'est une mise à jour de Google sortie le 24 avril 2012 pour lutter contre les liens fabriqués. Les sites qui avaient accumulé des liens artificiels, venus d'annuaires sans lecteurs ou de réseaux de blogs montés pour l'occasion, ont perdu leurs positions. Depuis septembre 2016, Pingouin tourne en continu et se contente d'ignorer les liens douteux au lieu de pénaliser le site entier.

Un Pingouin du GEO a-t-il été annoncé ?

Non, aucun éditeur d'assistant n'a annoncé de mise à jour de ce genre. On constate seulement que Google applique déjà ses règles anti-spam aux pages qu'il cite dans ses Aperçus IA, et que les éditeurs d'assistants ont aujourd'hui le même intérêt que Google en 2012 à écarter les signaux fabriqués.

Faut-il attendre avant de travailler le GEO ?

Non, parce que sur beaucoup de sujets locaux personne n'est encore cité de façon régulière, et la place revient à ceux qui s'y mettent tôt. Le risque ne vient pas du GEO lui-même, il vient des raccourcis qui coûtent peu, se répètent à l'identique et finissent par se repérer.

Sources externes citées dans cet article

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